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mercredi 17 février 2010

Bing Maps : un coup de maître en préparation

Ce n'est pas à une vieille guenon qu'on apprend à faire la grimace... ou comment Microsoft Bing prend des allures de kishi face à Google Search.

L'upgrade de Bing Maps, annoncée le 10 novembre 2009 sur le blog de Bing avait été fort bien reçue. On note en particulier Frogz, GénérationNT, le JdG, pour les échos francophones, en décembre dernier. TechCrunch US en parlait dès novembre, Mashable US n'était pas en reste et a notamment fourni de très bons insights, en particulier sur les features de synchronisation avec la géolocalisation de tweets.

Je découvre fort tardivement, non sans délices - merci à l'ami A.G. d'avoir comblé ma part d'inculture - les nouveautés annoncées pour la mouture de Bing Maps à venir. Une exclamation d'agréable surprise m'a échappé en découvrant cette boîte de Pandore, de mon petit point de vue de novice en fonctionnalités de recherche géographique. La découverte a commencé chez MacGeneration - A.G. est un pure Apple fanboy ;) - et très vite, les onglets de navigation ont poppé. Ici, , , et , entre autres liens plus ou moins bien heureusement arrangés dans ce billet.

Un nouvel algorithme intégrant des données sur la géométrie des immeubles pour un rendu plus réaliste, les bénéfices de SilverLight pour le rendu vectoriel, avec, cherry on top, la fameuse synchronisation avec l'API de géolocalisation Twitter. Voyez donc :

Les tweets géolocalisés sur Bing Maps (piqué chez Mashable) Une très belle illustration, piquée de l'un des très bons billets de Ben Parr chez Mashable

Enfin, ne renoncez pas à ce plaisir des mirettes qu'est ce talk de Blaise Aguera y Arcas (Microsoft Labs) :


La démo de Blaise Aguera y Arcas pendant son talk au dernier TED.

Autant dire qu'après avoir vu ça, on a juste envie de donner un pot de co-enzyme Q10 à Google Street View, ce que formule délicieusement Ben Parr chez Mashable:

Clearly Bing wants to make Google Maps (Google Maps) seem prehistoric with its Silverlight-based interface. And from what we’ve seen in today’s demo at Bing’s San Francisco headquarters, it’s incredibly impressive.

Sans doute la firme de Mountain View prépare-t-elle une mise à jour de Street View, sans fesses à l'air et qui lui fera un meilleur Buzz ;)

A voir pour tout savoir sur les technos Microsoft et .NET, le blog d'un ami vrai spécialiste du sujet : BlogMyMind. Avis aux éclairés qui veulent suivre l'actu des frameworks Microsoft, avec liens à l'appui, sur SilverLight 3 ou Visual Studio, par exemple. De la bonne lecture pour dév, tout ça!

samedi 12 septembre 2009

Emulations et Google-killing (by M & Q)

  • Solutions grand public : pourquoi confondre "search" et "computational" engines?

Courant mai, la sortie de Wolfram Alpha avait fait son bruit, de bonne qualité m'est avis, comme on le disait ici. Wolfram incarnait alors l'archétype de l'outil de niche, l'outil "geek-profiled", pas forcément compatible avec la recherche grand public telle qu'on la connaît depuis une bonne décennie. Et à raison, parce que Wolfram n'a pas vocation à indexer l'Internet, mais à fournir des calculs complexes sur une pléiade de domaines de connaissances calculables.

ZDNet.fr publiait, début juin, un intéressant comparatif sur les performances de Bing vs. Google, lequel mettait en exergue avantages et faiblesses de chacun des protagonistes. On retiendra, entre autres, que Google a toujours de l'avance sur la pertinence des réponses, même si Bing apporte quelques fonctionnalités intéressantes (display de la recherche d'images, par exemple). J'ajouterais que la gestion de l'appariement est assez raffinée chez Google, ceci contribuant sans doute à expliquer cela.

Un peu plus tardivement dans le mois, TechCrunch US titrait :

When It Comes To Search Trends, Google Is Lagging Behind Bing

On pouvait lire, un peu plus loin dans l'article :

On Google, you can create charts showing the popularity of keywords using Google Trends. On Bing, this feature is called xRank. For all but the most popular terms, Google Trends shows a lag of about three days, whereas xRank shows data that is up to date as of today.

Et Eric Shonfeld de souligner que This may not be a major feature, but it shows a weakness in Google’s armor : cela auguré par le co-auteur de TechCrunch-Us, ça valait le coup d'être quoté!

Toutes choses égales par ailleurs, Bing est plutôt bien accueilli, malgré des habitudes de recherche généralistes fortement liées à Google : Bing gagnait 8% de VU sur le mois de juin 2009, et Google le reconnaissait fin juillet comme l'alternative à la Google-search.

Septembre. Pour la rentrée, Cuil - dont on a parlé ici il y a plus d'un an maintenant et qui s'est modestement rebaptisé "the world's biggest search engine" - a étendu son indexation aux contenus d'actualité, comme l'annonçait ActuAbondance il y a quelques jours de cela. Yuba, - qui vole pour le moment en dessous des radars du web et dont on ne reparlera pas dans ce billet - refait parler de lui, avec une année de plus également. Ils avaient participé au concours TheSearchRace l'an dernier - remporté par iSeek pour la petite histoire -, et soufflent donc leur première bougie en 2009.

  • Mais qu'en dit Alexa?

Un petit tour sur Alexa devrait permettre de se donner un point de vue sur l'évolution de ces différents acteurs de la recherche en ligne. Voyons donc...

alexa-big_three-google_yahoo_bing_wolfram.PNG

A première vue, rien de trop nouveau sous le soleil : Google est toujours la référence, suivi de relativement près par Yahoo!. Quant à Bing, il a trouvé une place et s'y tient malgré tout.

alexa-wolfram_cuil.PNG

Cuil, stable sur les 6 derniers mois tout du moins, n'a pas pâti de l'arrivée de Wolfram Alpha. A noter tout de même que sur le mois d'août, leurs mouvements respectifs en termes de pagerank sont assez synchrones, ce qui conforte l'idée de non concurrence entre ces nouveaux moteurs.

Décidément, comme on avait commencé à le dire ici, Wolfram Alpha ne devrait pas être inclus dans le paradigme des "search engines", puisqu'il n'en est pas un : son positionnement est explicable par son statut de "computational engine". L'ami Q a d'ailleurs une bonne métaphore sur la question :

Wolfram Alpha est à Google et consorts ce qu'une équipe de rugby est à une équipe de football : des gens qui ne jouent pas du tout le même jeu et n'ont rien à faire sur le même terrain.

A noter qu'environ un an après l'acquisition de Powerset par Microsoft, la firme de Steve Ballmer initie un rapprochement entre Bing et Wolfram Alpha. Bing entrerait donc dans l'innovation par la porte du "natural language + computational search inside". Et Q de rajouter :

Mais qu'est-ce qu'une équipe de foot va bien pouvoir faire avec des rugbymen? L'avenir nous le dira, mais on peut d'ores et déjà prévoir des confrontations musclées...

Le point de vue de Q d'après les statistiques Alexa :

parts_google-yahoo-bing.PNG

La diversification des activités de Google et Yahoo! fait que ces statistiques ne peuvent être prises pour argent comptant. En effet, sur la totalité des visiteurs de Yahoo! et Google, une partie non négligeable ne visite pas le moteur de recherche en propre, mais bien le webmail. Or, les statistiques de Bing ne reflètent qu'une pure utilisation de recherche, la fréquentation du webmail de Microsoft -mail.live.com- étant bien séparée de la fréquentation de Bing -bing.com-.

On aurait donc Google qui sur 35% d'internautes en attire 65% (21,78% une fois les comptes effectués) sur la recherche, là où Yahoo, sur ses 26% du total des internautes, n'en voit qu'un petit 10,5% visiter son moteur de recherche (soit 2,72%). Et Bing devancerait donc Yahoo en affichant 3,3% des internautes, tous en recherche.

Si les stats d'Alexa sont un tant soit peu fiables, et si mon raisonnement n'est pas faussé par le jéroboam de palinka qu'on vient de descendre, Bing pourrait être déjà le numéro 2 de la recherche en ligne.


  • Et après...

... une tendance qui devrait s'intensifier. Le récent rapprochement de Yahoo! et Microsoft - fruit d'une négociation longue et riche en rebondissements - a suscité des interrogations chez certains, des réactions sur les perspectives de développement de cette union chez d'autres. L'avis de Fanck Watson chez SearcEnhineWatch.com :

What impact will it really have? OK, Microsoft's market share will be the combined number of the two companies. Add this to the slight rise Bing has received through the new branding and advertising, and Microsoft may be able to start grabbing a little more of the market from Google.

La très sérieuse étude comScore de juillet dernier, fait le tour de la question :

The analysis reveals that while the two companies’ combined search share still lags Google by a wide margin, their combined search audience offers opportunity to become more competitive in the search marketplace.

Si Bing et Yahoo! parviennent à mieux fidéliser leur audience - point fort à la faveur de Google -, ce dernier pourrait céder une plus grosse part de cake à la concurrence.

Merci à Q pour ses croustillants et pertinents insights sur la question!

dimanche 7 décembre 2008

If you are a US user of U Rank, please let us know your feedback on this MS service :)

U Rank, un Pressflip-Deezer-like en moteur de recherche?

Il n'apprend pas seulement vos goûts musicaux et vos thématiques favorites dans la presse.
Il n'est pas limité au bookmarking de documents intéressants, ni réduit à l'association de quelques mots-clés pour les décrire. U Rank est un service associé à la gamme Windows Live, et permet de gérer, d'éditer, d'annoter et surtout d'échanger du contenu avec sa communauté online.
En effet, U Rank est un produit développé par Microsoft, et il faut reconnaître que les équipes de R&D se sont bien données pour nous mettre à disposition ce puissant service! (à moins que ce soit le travail des équipes de com' qui le rende alléchant, car il n'est pas encore possible de le tester pour les utilisateurs européens des services Windows Live...)
Très simple d'accès, il suffit de rentrer vos identifiants MSN pour l'utiliser. J'eus aimé pouvoir l'essayer à outrance, mais ne peux pour le moment que vous recommander d'aller faire un tour sur la page de présentation du projet, en attendant la release de la version accessible à nous, chers "old-europeaners"!
URank_Error.jpg

mercredi 30 juillet 2008

Microsoft Sphere embodies "The way you interact with the system will change dramatically."

Sur cette bonne phrase reprise d'un compère du présent billet, juste un mot pour vous dire d'aller voir ce qui est annoncé comme une belle réalisation dans l'univers des interfaces homme-machine : une sphère tactile. Il faut aller là, sur 01net.com.
Bonne lecture :)

lundi 28 juillet 2008

Microsoft : interrogation en langage naturel et réseaux sociaux

TechCrunch en parle : Microsoft s'associe à Facebook pour lier Live Search au réseau social, to provide web search and search advertising précise msnbc. Rien de trop innovant pour ce type de plateformes, monétisables avant tout par le ciblage des utilisateurs pour réduire les coûts d'affichage aux annonceurs.

Il faut rappeler que ces dernières années, les applications d'analyse des sentiments (sentiment analysis) et de la fouille de textes orientée opinion (opinion mining) se sont essentiellement élaborées avec le Web comme corpus et les sites d'avis de consommateurs comme terrain privilégié. Les technologies de la classification automatique et de la fouille de textes, qui répondaient à des problématiques documentaires, sont appliquées au traitement automatique du langage subjectif. Ces technologies trouvent donc un terrain parfaitement propice dans ces agrégateurs géants de fiches de présentation individuelles auxquelles s'apparentent les réseaux sociaux.

Inévitablement, un écho du récent rachat de Powerset se fait entendre. Pour contextualiser rapidement cette affaire, Microsoft est entré au capital de Facebook en octobre 2007, investissement dont la pertinence semble avoir fait douter. Powerset, moteur de recherche sémantique qui fait plutôt dans l'interrogation des interfaces de recherche en langage naturel, a été absorbé il y a quelques semaines. Ce qui est dans la ligne d'action définie par Microsoft ces dernières années : effectuer de petits investissements pour entretenir la croissance externe du groupe.
herveG, modérateur de Webrankinfo, propose une intéressante mise en perspective sur ces agglomérations entre moteurs de recherche et réseaux sociaux. En particulier sur les développements au sein de Facebook :

Facebook ne cesse de recruter de nouveaux membres grâce à ses quelque 5.000 applications, de nouvelles étant proposées tous les jours. Et maintenant, fort de son succès, il débauche aussi chez Google: après avoir recruté début mars comme nouvelle directrice générale Sheryl Sandberg, l'une des responsables des ventes de publicité de Google, il vient de recruter Ethan Beard, qui était le directeur des médias de socialisation de Google.

Fort bien. Mais alors, si un LiveSearch peut bénéficier d'une technologie telle que Powerset, cette dernière n'aurait-elle pas également sa place dans la prochaine génération d'interfaces à la Windows Seven? Microsoft annonce, justement

"The way you interact with the system will change dramatically."

Changer les modes de consultation et d'accès aux données, sans être trop fou, avec des interfaces qui gèrent le TextToSpeech et le SpeechToText, en calant quelques modules d'analyse syntaxique, d'identification automatique des intonations, saupoudré de sentiment analysis... je n'ai pas la sensation de rêver trop fort.