WolframAlpha.PNGWolfram Alpha buzze depuis quelques semaines déjà.
L'image d'un effet d'annonce autour d'un non Google-killer le poursuit, celle d'un énième moteur de recherche "intelligent" qui laisse surtout le goût d'une communication bien orchestrée par Stephen Wolfram à ceux qui en ont parlé. En témoignent les articles parus dans 20minutes.fr et LeMonde.fr.

Des bases de données pas à jour, voire lacunaires. Une mauvaise gestion des chaînes de caractères. Un taux élevé d'échec à fournir une réponse. Ce sont ses trois grands défauts. Futura-sciences.com, qui consacrait un bel article à Wolfram en mai dernier, y fait le constat suivant :

En attendant, Google, Wikipédia et les liens qu’ils fournissent sont la plupart du temps largement meilleurs.

Sur Slate.com, la conclusion n'est pas très enjouée non plus :

Wolfram Alpha doesn't revolutionize search; at best, it adds a marginally useful new layer on top of it.

De toute évidence, en l'état, Wolphram n'a pas l'allure d'un moteur grand public. D'un moteur auquel certains trouveront des utilités, peut-être. En tous cas, il connaît un peu le breton, et ça a été une fort bonne surprise de pouvoir tester une requête sur le "Malagasy Language", pour trouver en quelques clics des informations sur le dialecte Betsimsaraka parlé dans le sud du pays. Dans le même cas de figure, Google ne fait pas aussi bien. Les fonctions de "Word Puzzle" sont sympa, les dictionnaires ne sont pas plus surprenants que ça, mais le rendu est agréable.

Manifestement, Wolfram Alpha ne suscite pas les mêmes comportements de recherche. Il s'adresse sans doute davantage à des utilisateurs en quête d'information spécifique, restituée dans un contenu structuré qui va à rebours de la logique de foisonnement de résultats. De l'information qui, si elle est estimée valide, peut être directement intégrée dans un document de travail, comme on le ferait avec des résultats d'InternetWorldStats ou d'Alexa.

Wolfram-resultats-facebook.PNG

Wolfram Alpha will prove helpful to some people. Because it's based on Wolfram Mathematica, a software package that can do complex calculations, mathematicians, engineers, and scientists will find much to love in it. Wolfram Alpha solves difficult equations and makes nice graphs for lots of specialized inquiries,

peut-on lire sur Slate.com.

Une belle transition à l'avis de Q - initiateur du présent billet -, qui met tout le monde d'accord :

Ceci étant dit, je tends à valider la conclusion que les geeks, les ingénieurs et les chercheurs en sciences devraient y trouver du bon...

Et celui-ci de conclure, fort perspicacement :

WolframAlpha ne vise pas à concurrencer Google, mais Google intègre de plus en plus de résultats Wolfram-style (tapes "scores L1" dans Google, pour voir...)

Wolfram-Google-resultat-Ligue1.PNG

Heureusement, Q est là pour montrer un nez au milieu d'une figure parfois trop familière. Prendre Google comme référence, soit, oublier que parfois, il peut s'inspirer des autres... c'est à croire qu'on peut avoir le nez bien court.

A lire à part ça : des doutes sur la Google Search Appliance 6.0