MyLinguistics - Marguerite Leenhardt's Web Log

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mercredi 6 janvier 2010

Bribes de l'audit d'image de l'Islam online

Moteurs de recherche et religions : des rapports pleins de suggestions?

Matt McGee a mis le doigt sur un bien curieux "bug" de l'incontournable du jour : Google. Curieuse nouvelle circulant ce matin dans le fil RSS de SearchEngineLand, en écho à l'un des derniers billets parus sur TheNextWeb, intitulé Google Blocking Negative Search Recommendations On Islam – Why?

La situation se résume en une phrase :

As The Next Web has reported, typing Islam is into Google shows no terms from Google Suggest.

J'emprunte l'image qui fait preuve :

islam.png

Bien entendu, me prend l'irrésistible envie de faire un comparatif, histoire de voir ce que raconte Google.fr avec une requête analogue : islam est. Surprise! Sur Google France, les résultats de recherche suggérés ont comme des petits relans de débat sur les minarets, ne trouvez-vous pas?

IslamEstUneSecte_GoogleSuggestedResults.png

Bien entendu, avec les requêtes christianisme est, "judaïsme est", catholicisme est ou encore protestantisme est, notre cher et tendre moteur ne nous suggère... rien. A noter tout de même que le bouddhisme semble être source de nombreux questionnements :

BouddhismeEst_google.png

En bref, une bien pernicieuse image de l'Islam sur le Web. Ou plutôt des internautes qui y contribuent. Culturellement dommageable? Indubitablement.

samedi 19 décembre 2009

Avec Guru et Browser Size, Google fait un pas de plus dans l'analyse de nos (inter)actions

Parmi les derniers produits mis en place sur l'étagère Google Labs, ActuAbondance annonçait cette semaine l'apparition de Guru et de Brower Size.

Le principe de Guru rappelle tout de même à notre bon souvenir le pitch du service ChaCha, dont j'avais parlé en octobre 2008 : l'échange entre deux humains pour collaborer à une interaction de type "Requête/Réponse".

Chacha_1.png

On comprend mieux pourquoi en allant lire quelques-uns des ''Fast Facts'' de ChaCha, par exemple :

ChaCha is one of the largest and fastest growing text-based services. ChaCha recently passed Google and is the #1 SMS search service according to Nielsen Mobile.

ChaCha is the fastest growing Top 100 website according to Quantcast and has over 10 Million monthly U.S. unique visitors.

Beau bout de chemin parcouru, pour un service qui concurrait, il y a maintenant plus d'un an, à TheSearchRace by AltSearchEngines - événement dont vous trouverez un excellent wrap-up ici. Pas si surprenant, donc, que ce type de service suscite l'intéret d'un Google qui se met à la téléphonie. Pourquoi pas une évolution vers un service de Questions/Réponses avec de l'expert humain dedans, et qui de sucroît tire parti des nouveaux usages des terminaux de téléphonie mobile?

Quant à Browser Size, comme le disent nos amis d'ActuAbondance :

Le système est simple : vous tapez l'URL d'une page et vous voyez immédiatement, en transparence, les zones les plus vues sur la page par vos visiteurs. Intéressant...

browsersize4.png

                                 Source : Google

Intéressant ? Certainement. Dans un contexte d'exposition web, pour évaluer la qualité ergonomique de la conception d'un site, au moins. Pour du ciblage comportemental, au plus. Google légitime donc quasiment son intérêt pour l'analyse des petits internautes devant leur ordinateur comportements dans le cadre des interactions homme-machine - dont le premier contact est visuel lorsqu'on navigue en ligne - en ouvrant un webservice dédié.

En somme...

Laisser des experts humains gérer la demande de connaissances spécifiques, sans doute en profiter pour appuyer son arrivée sur le secteur de la téléphonie avec Guru +
ouvrir au public des services liés à des technologies qui ne représentent plus un avantage concurrentiel avec Browzer Size =

                     la prochaine bonne équation de Google

vendredi 4 décembre 2009

OpenCalais : une API pragmatique

Semantic Web or Wolrd Wise Web?

OpenCalais.jpg Le projet OpenCalais a soufflé sa première bougie.

Et son arrivée sur le marché des technologies sémantiques est bien reçu par les confréries professionnelles du Web 2.0, en particulier celles gravitant autour de ReadWriteWeb, qui sortait justement cette semaine son top des produits du Web Sémantique (RDF, Linked Data, tout ça tout ça). En témoigne ce message de remerciements adressé à la rédaction de ReadWriteWeb, spotté sur Twitter le 3 décembre 2009 à 18:48 (comme un certain chocolat, signe? Qui sait... bref, je n'ai que trop attendu pour parler de ce Calais ouvert : presque 8 mois, tout de même).

Many thanks to @RWW for including us in their Top 10 Semantic Web Products of 2009 http://bit.ly/5vWo8R

En février 2008, alors que le projet OpenCalais commençait à faire parler de lui, chez Mondeca par exemple, Jean-Marie Le Ray faisait un très bon wrap-up introductif sur les circonstances de la naissance de cet acteur majeur de la donnée avec de la métadonnée augmentée dedans.

Comme le souligne indirectement Nicolas Cynober, qui, je n'en doute point, ne circonscrit pas le traitement automatique des langues naturelles à la simple extraction d'entités nommées, OpenCalais exploite fort bien l'extraction d'information non structurée et sa structuration sur le modèle des Linked Data. Tout cela à grand renfort d'ontologies de relations entre entités, dont il est appréciable que ces ressources, initialement dédiées à l'anglais, aient été étendues au français et à l'espagnol.

Mais, comme la vérité, le sens est ailleurs. Les technologies dites "sémantiques" ne devraient pas donner l'impression - dans la tradition des croyances de l'IA - que le sens est dans un outil de computation. Quand bien même il sait désambiguïser les occurrences d'entités nommées, et quelles que soient sa robustesse, la qualité de ses algorithmes ou encore l'étendue de ses ressources linguistiques.

OpenCalais constitue cependant un véritable progrès : il s'agit là d'un beau projet d'ingénierie, auquel la robustesse technique ne manque pas. En bref, un judicieux outil.

vendredi 27 novembre 2009

Le cas "Michelle Obama" : qualité des algorithmes vs. qualité éthique, le nouvel enjeu des moteurs de recherche

Et si la qualité technique des algorithmes ne suffisait plus à assurer la qualité éthique des résultats?

C'est une question-ricochet à l'information relayée hier par ActuAbondance, dans un article explicitement intitulé Google Images renvoie des photos racistes sur Michelle Obama. Point d'utilité à trop discourir sur la nature de ces contenus, voyez plutôt :

michelle-obama-1.jpg

Quand bien même à l'heure actuelle le caractère politiquement correct des résultats de recherche d'image sur la first lady est rétabli, ActuAbondance rapporte clairement la position de Google sur la question :

Google, tout en s'excusant auprès de la femme de chef de l'état, a expliqué qu'il ne supprimerait pas cette image et qu'il ne modifierait pas son algorithme en conséquence car ce dernier ne fait que refléter le contenu du Web.

Je ne peux m'empêcher de trouver là un écho au précédent billet posté ici, qui traitait du dépôt de brevet par Yahoo! d'un algorithme de recherche incluant une intervention humaine, et ce dans le but d'améliorer la qualité des résultats de recherche.

Alors qu'une réflexion profonde sur l'éthique du Net fait couler les chaînes de caractères un peu partout sur le Web, du fait de son impact sur la circulation et la qualité de l'information, le positionnement de Yahoo! - donc les conséquences sur les algorithmes de recherche implémentés dans Bing, le moteur de Microsoft - prend une toute autre envergure.

Le tollé venu des internautes US annonce clairement la couleur : outre les performances de rapidité ou encore de facilité de navigation, l'un des prochains enjeux sera pour eux d'avoir une véritable qualité éthique des résultats de recherche. Parce que la qualité du contenu diffusé fait aussi la qualité du support... l'on attend d'un moteur presque autant que d'un journal. Et les feuilles de chou ne seront probablement pas plébiscitées.

lundi 23 novembre 2009

L'expert dans le système, le retour

Yahoo! a décidé d'humaniser ses résultats de recherche.

Il y a près d'un mois maintenant, Neteco.com revenait sur l'achèvement d'une course au brevet qui s'est presque éternisée - sept années tout de même - et qui, abrégée, aurait sans doute pas mal redessiné le rapport de force actuel dans le sillon des moteurs de recherche généralistes.

S'il avait été obtenu en 2002 ce brevet aurait permis à Yahoo! de protéger la technologie de son répertoire de sites Internet.

précise d'ailleurs la rédaction de Neteco.com. Mais après tout, qu'a-t-il de si spécial, ce brevet? Humaniser? Non, rien à voir avec le fait de rendre plus humain le moteur de recherche, de policer un affichage frustre pour la restitution des résultats, ni de le civiliser pour lui faire perdre son caractère primitif. Quoique...

Ce petit abus de langage - imprécision, quand tu nous tiens - se comprend mieux avec un dessin. En l'occurrence, dire que Yahoo! humanise ses résultats de recherche signifie tout simplement qu'il y a de l'intervention humaine dedans.

YahooBrevet (Cette figure est reprise de l'article cité ci-dessus chez Neteco.com, dont la provenance originale n'est d'ailleurs pas mentionnée.)

Le brevet en question repose en effet sur un procédé impliquant la présence d'humains pour raffiner les résultats d'algorithmes de recherche. Et Yahoo! de préciser :

« le classement par les intervenants humains permet d'obtenir des résultats plus affinés que par des processus automatiques »

Nous y voilà. Sans insister sur les potentiels bénéfices en termes de qualité qu'en pourrait retirer Microsoft pour son moteur Bing, je veux simplement souligner une tendance convergente entre des acteurs différents qui traitent des facettes variées mais fort semblables de notre manne contemporaine : l'information.

Et mettre le tout en perspective avec les bâts qui blessent de plus en plus sur le segment des social media monitoring technologies, qu'Asi Sharabi passait d'ailleurs au crible en août dernier sur le très bon No Man's Blog. Pour coller à la culture verbatim et vous laisser lire son excellent billet par vous-mêmes, je n'en citerai que cinq mots qui dressent le portrait d'une situation avec laquelle la linguiste que je suis ne peut qu'être d'accord : The technology is fairly stupid. Bien entendu, si on s'en tient à cela, rien ne sert d'écrire. Quelle tendance convergente voit-on émerger alors avec d'autres acteurs du traitement et de l'analyse d'information? La réhabilitation de l'utilisateur expert, pardi!

Dans le petit monde des études médias et de l'analyse d'opinion online, c'est pourtant encore peu habituel, les utilisateurs experts. Connaître le fonctionnement d'un moteur de recherche ou comprendre qu'analyser finement l'information demande une compétence avancée en solutions d'analyse linguistique? La belle affaire! Dans l'encore plus petit monde des éditeurs de logiciels TAL, on transite globalement vers les solutions d'aide aux linguistes. On en trouve même des échos dans le microcosme des spécialistes de l'analyse textuelle, sous la forme d'une linguistique des textes instrumentée.

La qualité d'analyse est à l'information ce que le savoir-faire helvète est à la haute horlogerie. C'est assez naturellement que ces différents acteurs de l'analyse d'information convergeront peu ou prou vers une réflexion méthodologique sur ce qu'il conviendrait plutôt d'appeler l'analyse linguistique assistée par ordinateur (ALAO). Et certains y travaillent d'ailleurs déjà ;)

lundi 16 novembre 2009

FastFlip, l'avenir de Google News?

Dans la famille des webservices de feuilletage de news, après le prometteur PressFlip (présenté à la dernière édition de la SearchRace et que je n'avais pas résisté à vous présenter en août 2008) dont FastFlip des Google Labs est l'un des récents émules, on assiste à une fusion de modes de consultation des actualités online.

Nos amis de SearchEngineLand annoncent en effet ce matin un petit tournant stratégique adopté par Google quant à la diffusion des contenus qu'ils agrègent et diffusent sur FastFlip :

It offers a more “branded” and visual way to consume news and magazine content from major publishers.

Avec tout le contenu 'marketing contextuel' (la 'sémantique' telle qu'on l'entend dans l'univers Web, dopée à la stratégie de monétisation) qu'on peut associer aux news, le choix d'une ergonomie en mozaïque anticipe clairement sur des problématiques de consultation sur un terminal mobile. Comme le suppute fort judicieusement Greg Sterling dans ce billet riche d'informations :

Fast Flip might be the “platform” for the micropayments system that Google has been working on with a number of newspaper publishers.

Si Schmidt s'exclamait il y a peu que "Google is not a content company", l'arrivée d'un FastFlip - après la mort prématurée d'un PressFlip qui est arrivé un an trop tôt mais avait tout pour exploser dans le contexte actuel de redéfinition des modes de consommation, de consultation et de distribution de l'information en ligne - la fonction de Google dans l'univers Web de 2010 semble bien s'orienter vers un tapis misé sur l'innovation des modes de consultation des contenus informationnels. Ce que tend d'ailleurs à confirmer ce très documenté billet d' ActuAbondance, à lire sans tarder, tout juste frais de deux jours, qui rappelle que le temps de chargement des pages est sans doute l'un des prochains grands leviers du moteur de référence de la décennie.

mercredi 11 novembre 2009

Siri : le 'Perfect Search Engine' de Marissa?

On avait consacré un billet à l'assistant virtuel Siri, qui a un peu fait parler de lui en mai dernier. Sans plus de bruit que cela, faut-il préciser : Siri avait trouvé un Web un peu sourd à ses potentialités.

Sorti par la porte, il revient par l'une des plus belles fenêtres, sous la forme allégorique d'une définition du Perfect Search Engine by Marissa Mayer herself!

A la question :

What is the perfect search engine? If you had a magic wand and could create it, what would it look like? What would it do?

la blonde Vice President of Search Product and User Experience de Google, dont on suppute deci-delà qu'elle pourrait aller voir ailleurs si le Perfect Search Engine y est, a répondu :

It would be a machine that could answer that question, really. It would be one that could understand speech, questions, phrases, what entities you’re talking about, concepts. It would be able to search all of the world’s information, (find) different ideas and concepts, and bring them back to you in a presentation that was really informative and coherent.

Fort bien, c'est précisément l'objectif de Siri, bien accueilli par la Technology Review du MIT en mars/avril. Cet assistant virtuel, fait de la reconnaissance vocale, implémente sans doute nombre ontologies, mais exploite surtout fort bien les algorithmes d'apprentissage, qui lui confèrent souplesse et autonomie.

Petit Siri ne devrait pas tarder à devenir très grand, comme je le laissais entendre dans le billet de mai qui lui était consacré. Une User Experience à faire, Marissa?

dimanche 4 octobre 2009

"Google's not a content company" : E. Schmidt sur le web, la presse et le journalisme

Une petite pensée aux connaissances web-journalistiques, qui ne doivent pas manquer de prêter l'oreille aux mots de Schmidt...

Danny Sullivan, chez SearchEngineLand, propose une série d'articles suite à son interview d'Eric Schmidt, CEO de Google depuis 2001, au sujet de la stratégie du leader de la recherche en ligne par rapport aux producteurs et éditeurs de contenus.

Le contexte ambiant, qui combine mutations de la presse off et online, apparition de web services dédiés - Fast Flip chez Google, la bonne initiative du Newspaper Consortium chez Yahoo! - , et plus généralement la mise à disposition des ressources culturelles bibliographiques et journalistiques notamment, oriente l'échange des deux protagonistes autour de la question de la fonction de Google dans l'univers Web - puisqu'il n'est plus besoin de disserter sur sa position de leader incontesté, pour l'instant.

Schmidt affirme :

We need these content partners to survive. We need their content. We are not in the content business. So, you could decide that we’re just evil businessmen trying to give money to the newspapers through the Fast Flip revenue shari..., or you could decide that we’re altruistic and trying to save an important Fourth Estate of American political discourse. Whichever one leads to the same outcome. I hope you believe the second. But even if you believe the first, it’s still good business. We need their content.

Google a besoin de contenu, il innove donc en élaborant de nouveaux outils de gestion et de production de contenus à destination du plus grand nombre. Du contenu qu'il peut se réapproprier aussitôt : je pense en particulier à la prochaine indexation de vos Google Docs, qui mérite un peu d'attention tout de même. On n'aura donc pas d'information produite par Google en dehors de la communication traditionnelle autour de ses technologies.

Pour aller plus loin, lisez les positions de Schmidt :

vendredi 18 septembre 2009

Le TAL français relancé par le volet numérique : petit panorama

NKM a fait un certain bruit médiatique avec les mesures relatives au volet numérique du plan de relance, plutôt focalisé autour du Serious Gaming que des Projets Web Innovants. Je m'intéresse ici surtout à ces derniers, qui ont généré une petite émulation dans la bulle TAL française.

Le mois de septembre a marqué un tournant pour quelques dizaines d'entreprises et laboratoires universitaires qui s'étaient, en juin dernier, lancés dans une haletante ruée vers les Projets Web Innovants. Comme promis, près de trois mois plus tard, le Ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi annonce la liste des projets financés.

Concernant les laboratoires plutôt connus pour leur spécialité TAL (et pas uniquement en ingénierie documentaire ou en IHM), on remarque le LIP6, le LINA et différents pôles de l'INRIA (Nancy et Sophia-Antipolis notamment), qui partagent la scène avec des écoles, en particulier Sciences-Po Médialab, et Télécom ParisTech.

Côté entreprises, on note surtout :

  • la belle performance de Syllabs, jeune entreprise qui fleurit à sa troisième année, avec Feed-ID, un projet plutôt orienté référencement que pur TAL, pour une agrégation de compétences qui semble prometteuse, compte tenu des briques technologiques développées par cette société et qui sont pour partie destinées à l'aide aux linguistes; un point intéressant à retenir lorsque l'on sait les proximités des solutions de TAL avec les nouvelles industries de la veille web et du monitoring d'information;
  • l'air du temps que respire Lingway, avec un projet de représentation cartographique et d'analyse sémantique - qui n'est pas sans rappeler d'autres projets dans la même veine, en particulier le projet Doxa, débuté l'an dernier;
  • le très intéressant projet GlipFix, dédié à la co-création de contenus informationnels de qualité, porté par FaberNovel, qui s'est pour l'occasion notamment associé à Exalead - fleuron du moteur de recherche made in France, par ailleurs très bien implanté sur le segment des solutions entreprise;
  • on reste dans le thème de l'édition collaborative, avec le projet Topos, autour duquel on retrouve PERTIMM, entreprise également située sur le segment du traitement de l'information.

Sans savoir s'ils ont tous répondu à cet appel d'offres, j'aurais aimé avoir une trace de Temis, SineQua ou Synapse Développement - pour ne citer qu'eux. Tout cela augure cependant un bel avenir à ces - presque incontournables - noms du TAL hexagonal, et instaure un terrain favorable au développement de cette industrie en France.

samedi 12 septembre 2009

Emulations et Google-killing (by M & Q)

  • Solutions grand public : pourquoi confondre "search" et "computational" engines?

Courant mai, la sortie de Wolfram Alpha avait fait son bruit, de bonne qualité m'est avis, comme on le disait ici. Wolfram incarnait alors l'archétype de l'outil de niche, l'outil "geek-profiled", pas forcément compatible avec la recherche grand public telle qu'on la connaît depuis une bonne décennie. Et à raison, parce que Wolfram n'a pas vocation à indexer l'Internet, mais à fournir des calculs complexes sur une pléiade de domaines de connaissances calculables.

ZDNet.fr publiait, début juin, un intéressant comparatif sur les performances de Bing vs. Google, lequel mettait en exergue avantages et faiblesses de chacun des protagonistes. On retiendra, entre autres, que Google a toujours de l'avance sur la pertinence des réponses, même si Bing apporte quelques fonctionnalités intéressantes (display de la recherche d'images, par exemple). J'ajouterais que la gestion de l'appariement est assez raffinée chez Google, ceci contribuant sans doute à expliquer cela.

Un peu plus tardivement dans le mois, TechCrunch US titrait :

When It Comes To Search Trends, Google Is Lagging Behind Bing

On pouvait lire, un peu plus loin dans l'article :

On Google, you can create charts showing the popularity of keywords using Google Trends. On Bing, this feature is called xRank. For all but the most popular terms, Google Trends shows a lag of about three days, whereas xRank shows data that is up to date as of today.

Et Eric Shonfeld de souligner que This may not be a major feature, but it shows a weakness in Google’s armor : cela auguré par le co-auteur de TechCrunch-Us, ça valait le coup d'être quoté!

Toutes choses égales par ailleurs, Bing est plutôt bien accueilli, malgré des habitudes de recherche généralistes fortement liées à Google : Bing gagnait 8% de VU sur le mois de juin 2009, et Google le reconnaissait fin juillet comme l'alternative à la Google-search.

Septembre. Pour la rentrée, Cuil - dont on a parlé ici il y a plus d'un an maintenant et qui s'est modestement rebaptisé "the world's biggest search engine" - a étendu son indexation aux contenus d'actualité, comme l'annonçait ActuAbondance il y a quelques jours de cela. Yuba, - qui vole pour le moment en dessous des radars du web et dont on ne reparlera pas dans ce billet - refait parler de lui, avec une année de plus également. Ils avaient participé au concours TheSearchRace l'an dernier - remporté par iSeek pour la petite histoire -, et soufflent donc leur première bougie en 2009.

  • Mais qu'en dit Alexa?

Un petit tour sur Alexa devrait permettre de se donner un point de vue sur l'évolution de ces différents acteurs de la recherche en ligne. Voyons donc...

alexa-big_three-google_yahoo_bing_wolfram.PNG

A première vue, rien de trop nouveau sous le soleil : Google est toujours la référence, suivi de relativement près par Yahoo!. Quant à Bing, il a trouvé une place et s'y tient malgré tout.

alexa-wolfram_cuil.PNG

Cuil, stable sur les 6 derniers mois tout du moins, n'a pas pâti de l'arrivée de Wolfram Alpha. A noter tout de même que sur le mois d'août, leurs mouvements respectifs en termes de pagerank sont assez synchrones, ce qui conforte l'idée de non concurrence entre ces nouveaux moteurs.

Décidément, comme on avait commencé à le dire ici, Wolfram Alpha ne devrait pas être inclus dans le paradigme des "search engines", puisqu'il n'en est pas un : son positionnement est explicable par son statut de "computational engine". L'ami Q a d'ailleurs une bonne métaphore sur la question :

Wolfram Alpha est à Google et consorts ce qu'une équipe de rugby est à une équipe de football : des gens qui ne jouent pas du tout le même jeu et n'ont rien à faire sur le même terrain.

A noter qu'environ un an après l'acquisition de Powerset par Microsoft, la firme de Steve Ballmer initie un rapprochement entre Bing et Wolfram Alpha. Bing entrerait donc dans l'innovation par la porte du "natural language + computational search inside". Et Q de rajouter :

Mais qu'est-ce qu'une équipe de foot va bien pouvoir faire avec des rugbymen? L'avenir nous le dira, mais on peut d'ores et déjà prévoir des confrontations musclées...

Le point de vue de Q d'après les statistiques Alexa :

parts_google-yahoo-bing.PNG

La diversification des activités de Google et Yahoo! fait que ces statistiques ne peuvent être prises pour argent comptant. En effet, sur la totalité des visiteurs de Yahoo! et Google, une partie non négligeable ne visite pas le moteur de recherche en propre, mais bien le webmail. Or, les statistiques de Bing ne reflètent qu'une pure utilisation de recherche, la fréquentation du webmail de Microsoft -mail.live.com- étant bien séparée de la fréquentation de Bing -bing.com-.

On aurait donc Google qui sur 35% d'internautes en attire 65% (21,78% une fois les comptes effectués) sur la recherche, là où Yahoo, sur ses 26% du total des internautes, n'en voit qu'un petit 10,5% visiter son moteur de recherche (soit 2,72%). Et Bing devancerait donc Yahoo en affichant 3,3% des internautes, tous en recherche.

Si les stats d'Alexa sont un tant soit peu fiables, et si mon raisonnement n'est pas faussé par le jéroboam de palinka qu'on vient de descendre, Bing pourrait être déjà le numéro 2 de la recherche en ligne.


  • Et après...

... une tendance qui devrait s'intensifier. Le récent rapprochement de Yahoo! et Microsoft - fruit d'une négociation longue et riche en rebondissements - a suscité des interrogations chez certains, des réactions sur les perspectives de développement de cette union chez d'autres. L'avis de Fanck Watson chez SearcEnhineWatch.com :

What impact will it really have? OK, Microsoft's market share will be the combined number of the two companies. Add this to the slight rise Bing has received through the new branding and advertising, and Microsoft may be able to start grabbing a little more of the market from Google.

La très sérieuse étude comScore de juillet dernier, fait le tour de la question :

The analysis reveals that while the two companies’ combined search share still lags Google by a wide margin, their combined search audience offers opportunity to become more competitive in the search marketplace.

Si Bing et Yahoo! parviennent à mieux fidéliser leur audience - point fort à la faveur de Google -, ce dernier pourrait céder une plus grosse part de cake à la concurrence.

Merci à Q pour ses croustillants et pertinents insights sur la question!

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