MyLinguistics - Marguerite Leenhardt's Web Log

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jeudi 27 mai 2010

Des nouvelles de Wolfram

Wolfram, notre ami le moteur computationnel dont on a déjà eu l'occasion de parler sur ce petit carnet web - ici, ici et notamment - a refait pulser certaines régions du web en premier Quarter 2010. Par quoi cette émulation fut-elle générée ? Par un prix, pardi !

Incipit. Wolfram participe au South by Southwest (SXSW, Inc.), un événement culturel global (cinéma, musique, technologies digitales) actif depuis 1987, au Texas (USA). Sélectionnée pour figurer parmi les finalistes le 12 février, c'est l'annonce des lauréats des SXSW web awards 2010 le 14 mars qui coiffe la famille d'outils Wolfram de succès.

La brève AFP qui en découle est relayée par Le Figaro le 15 mars 2010. Un billet de Motrech sur le prix SXSW remporté par Wolfram Alpha, en parle également dès le 18 mars.

Ce retour sur le devant de la scène est fort bénéfique à Wolfram, qui fait l'objet d'une excellente présentation, parue le 26 mai, dans la Tribune de Genève :

une pléiade de sites Web, parmi lesquels un compendium de connaissances mathématiques (Wolfram Math World, mathworld.wolfram.com), un répertoire de visualisations interactives (Demonstrations Project, demonstrations.wolfram.com) et le moteur «computationnel» Wolfram Alpha (lire ci-dessus). Plus léger et amusant, Wolfram Tones (tones.wolfram.com) permet de composer sa propre musique à partir de modèles sonores et de formules mathématiques. Bluffant!

Ce qui est sûr, c'est que le moteur a bénéficié d'une nette amélioration des résultats : la base de données computables s'est considérablement étendue.

Seule petite ombre : Wolfram a d'emblée pâti de verrous en Traitement Automatique des Langues, ce que nous expliquait Tom Krazit de chez CNET News en août 2009, dans un billet republié sur la version US de ZDNet où il rapportait les propos de Stephen Wolfram :

linguistic problems are to blame for half of the occasions when Wolfram Alpha does not return a result. That percentage is changing as Wolfram refines the science behind Wolfram Alpha, but it will take some time.

Voyons-voir, avec un petit test simple. La base en Traitement Automatique des Langues, c'est avant tout de travailler avec des unités textuelles "propres", i.e. bien isolées et pour lesquelles on a observé une grande quantité de phénomènes d'occurrence afin d'identifier des problèmes d'ambiguïté, de silence (ce qui est pertinent et que l'on n'arrive pas à capter) et de bruit (ce que l'on capte et qui n'est pas pertinent) potentiels.

Voyons donc :

Etape 1 : WolframAlpha_test_1.png

Constat 1 > Le moteur ne sait pas comment interpréter.

Etape 2 : WolframAlpha_test_2.png

Constat 2 > Le moteur interprète et retourne une réponse. Il m'explique ce qu'est un astérisque.

Etape 3 : WolframAlpha_test_3.png

Constat 3 > Le moteur interprète et retourne une réponse. Il m'explique à nouveau ce qu'est un astérisque.

Qu'en dire ? Le blanc (espace entre deux caractères alphanumériques) n'est pas un critère distinctif pour le moteur, il retourne donc la même réponse pour la séquence "a*" et "a *". On suppute dans l'oreillette que la segmentation du texte saisi par l'utilisateur ne fait probablement pas trop cas de ce qui se trouve à gauche ou à droite pour y isoler des unités.

Oui, je l'avoue, si la réponse du Test 3 me paraît pertinente et riche en informations sur le caractère qu'est l'astérisque, j'espérais secrètement que Wolfram mette en rapport la recherche du Test 2 avec l'écriture conventionnelle de l'étoile de Kleene, souvent notée V*. En regexp, c'est proche (recherche d'un caractère alphabétique en casse majeure ou mineure suivi d'une astérisque).

Par contre, regardez : Wolfram_whatisalinguist.png

Et oui, Wolfram est un moteur bien cultivé :) Les ressources encyclopédiques du système sont en constante expansion, et même si des remarques plus consistantes sont possibles - sur la segmentation par exemple - je pense que ces points sont en cours de résolution et que Wolfram Alpha est véritablement à la hauteur des retours positifs suite au SXSW.

A voir pour en savoir plus sur l'ensemble des initiatives Wolfram :

  • http://www.wolfram.com/solutions/france/
  • http://blog.wolframalpha.com/
  • http://www.wolframalpha.com/
  • http://www.wolfram.com/

samedi 13 février 2010

Emulations et Google killing II

Le keynote 2010 de Steve Jobs inaugure un climax qui tiendra en haleine les webbeurs pour les semaines et mois à venir. Apple diversifie son offre avec sa tablette, mais ce que tient Steve Jobs en main n'est peut-être rien de plus qu'un arbre qui cache la forêt. Allons donc nous promener dans les bois, là où s'augure une guerre de territoires bien plus globale qu'il n'y paraît. Cela va ressembler à une partie de Risk en live et en 3D...

Un des grands maux de la Pomme ? Ne pas souffrir de se faire croquer un autre morceau par l'arrivée du Google Phone. Car c'est bien là le grand malheur de ce beau fruit : alors que la concurrence s'intensifie sur le marché des terminaux dédiés au web mobile, Apple offre encore au moteur de recherche de Mountain View une superbe fenêtre d'exposition. Les iPhoners passent, entre autres, par Google Search pour explorer le web, tandis que Google structure une flotte de terminaux mobiles à sa couleur, qui confine les utilisateurs dans GoogleLand! Déloyale concurrence, n'est-il pas ?

Et pourtant, Steve Jobs pourrait rendre la monnaie de leur pièce à Larry Page et Sergey Brin.

Réfléchissons-y un instant. Tout d'abord, les fonctionnalités de recherche de contenus sous Mac OS X sont extrêmement robustes. La solution d'indexation et de recherche de ce système d'exploitation permet déjà d'outrepasser des verrous, tels que le passage de la recherche plein-texte à la recherche de contenus multimédia. Ensuite, la popularité croissante d'Apple, qui entraîne de plus en plus le grand public, assure à la Pomme une très forte pénétration du marché. Troisième point, la fidélisation d'au moins 75 millions d'utilisateurs emportés par Mac OS X si Wikipédia ne ment pas via les différents terminaux (iPhone, iPodTouch, postes fixes, et maintenant l'iPad) offre un pool de cibles qualifiées plutôt très étendu. Enfin, les applications iPhone, notamment, constituent une entrée privilégiée sur les données utilisateurs, donc sur l'étude et l'évolution des moeurs sociodigitales.

Après cet instant de réflexion, on distingue un peu mieux ce qui se trame dans la forêt, n'est-il pas ? Un Apple Search, pardi! L'idée n'est pas si farfelue, et le temps infirmera (ou pas) si la Pomme entre dans la guerre des Search Engines. Ce me semble en tous cas une perspective logique, dont le nez fin de Steve Jobs n'a pu manquer les effluves.

vendredi 5 février 2010

Siri arrive sur l'iPhone!

Alors, ça, c'est fait... Un très joli coup by SRI International, dont on regrette qu'il ne retentisse pas en Europe!

Siri, qui petit à petit fait son nid, je vous le disais, depuis le printemps dernier, arrive maintenant sur l'iTunes Store d'Apple : depuis hier, l'application Siri pour iPhone est disponible! mais seulement aux USA... dommage

http://blog.louisgray.com/2010/02/siri-brings-artificial-intelligence-to.html?utm_source=feedburner&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+LouisgraycomLive+(louisgray.com)&utm_content=Twitter

Les premières réactions postées à son sujet sur son étagère du Store ont plutôt une tonalité positive, voire même extatique :

A great app. Siri was able to figure out nearly everything I asked! A must have

I had read about the Siri service but was stunned with both the accuracy and efficacy of early use of this application. It seems to do what I want all apps to do, which is "just work." Not a big learning curve, except to figure out how many things Siri can do. Wonderful!

J'avais déjà abordé sur ce blog la bonne facture des bases de connaissances, l'appareillage ontologique et l'efficience des algorithmes d'apprentissage implémentés dans Siri. Ces qualités n'avaient d'ailleurs pas échappé à Marissa Mayer, VP Search Products & User Experience de Google, qui les rassemblait dans sa définition du "perfect search engine".

On reporte quelques bugs, mais ça ne l'empêchera sans doute pas de remporter un vif succès! A quand le portage sur les autres smartphones?

A voir pour tout savoir : Jetez-vous avec délectation sur cet excellent post de Louis Gray, qui vous dit tout (premiers tests, informations sur le moteur de reconnaissance vocale développé par Nuance et autres joyeuseries) sur cette belle appli!

samedi 9 janvier 2010

Moteur de recherche, téléphonie & énergies renouvelables : Grand écart ou stratégie Gagnante?

Cela ressemble à un scénario alternatif de victoire totale par conquête commerciale et conversion culturelle dans Civilization, le mythique jeu conçu par Sid Meier.

La Grande faim du Géant de la recherche est décidément bien omnivore! En pleine période d'excitation générale du Web autour de la sortie du Nexus One, la nouvelle a presque toutes les chances de passer inaperçue. Mais elle étaie si bien le tournant qu'est en train de prendre la firme de Mountain View que ne pas en parler est tout bonnement impensable. De quoi donc, au fait?

Publiée sur Twitter par @sheagunther il y a moins de 24 heures, l'annonce du lancement de l'offre Google Energy est très rapidement reprise par le Huffington Post - suscitant au passage un petit buzz international, essaimé depuis le Canada jusqu'en Belgique et en France ici et , ou encore relayé par l'agrégateur ContinentalNews, pour ne pas poursuivre plus longuement l'énumération.

Nous étions pourtant prévenus dès le 10 janvier 2008, par un post sur le blog officiel de Google :

This year Google has invested more than $45 million in startup companies with breakthrough wind, solar and geothermal technologies through our Renewable Energy Cheaper than Coal initiative (RE<C)

Progress will accelerate when the price of carbon reflects its true costs to society. Putting a price on carbon through cap-and-trade or a carbon tax would help address this.

Voilà grosso modo pour les chiffres et l'esprit bien-pensant. On distingue entre les lignes quelques dents longues qui reluisent (encore emballées d'esprit bien-pensant) : c'est là que ça devient intéressant :

When homes are equipped with smart meters and real-time pricing, research shows that energy use typically drops. Google is looking at ways that we can use our information technology and our reach to help increase awareness and bring better, real-time information to consumers.

Je parlais d'un Google Blitz en marche et d'un intérêt croissant du géant américain pour l'analyse des comportements des internautes. Le marketbabble développé autour de Google Energy concrétiserait-il un switch bigbrotheresque?

En tous cas, c'est sûr qu'avec la quantité et la variété des données capitalisées, il y aura de quoi prendre un pas décisif sur la bulle DataVizualization, en passe d'exploser bientôt, qui entraînera sans doute dans son souffle un renouveau du DataMining et du SemanticSearch.

mercredi 6 janvier 2010

Le Google Blitz est en marche

Il y a un an à peine s'élevaient encore les voix de quelques sceptiques quant à l'arrivée de Google sur le marché de la téléphonie.

Le Nexus One sort aujourd'hui aux USA - arrivée programmée au printemps en Europe -, et si certains se prêtent au jeu de l'émerveillement et des supputations sur le volume du "Google marketing muscle" déployé pour le promouvoir, le web fourmille déjà de questions sur la prochaine glissade du singe de la firme de Mountain View sur le grand goban des TIC globales - à l'image d'ActuAbondance qui posait hier une question qui n'est que rhétorique : Une tablette Google après le smartphone et le netbook?

Tout frais posté, le dernier billet de l'Official Google Blog feint la nouvelle stratégie de vente, titrant sans hésiter Our new approach to bying a mobile phone :

today we're pleased to announce a new way for consumers to purchase a mobile phone through a Google hosted web store

Vendre un téléphone mobile unlocké? Une stratégie pourtant déjà rôdée, entre autres par Nokia. Vendre exclusivement en ligne? Plus très novateur en 2010. Reste à voir comment Google va tirer profit de sa force de frappe pour appâter le web-chaland, sans risquer de souiller sa légendaire page d'accueil à l'allure spartiate - qui doit coûte que coûte continuer à inspirer "la recherche au service de l'internaute lambda" - sans pour autant rater le temps de cerveau disponible du client lambda.

A ce sujet aussi, les supputations vont bon train :

Already seen a couple Nexus One ads on sites using Adsense

rapporte @nferno commentant l'un des billets de TechCrunch sur la sortie du Nexus One.

nexus one google ad on my rss feed of this article…. and hey, maybe someone will google wave it, lol

ironisent d'autres lecteurs, tandis que se profile déjà une guerre de joutes entre Google et Apple fanboys.

Ce qui est sûr, c'est qu'un vent de superlativité souffle sur la créativité lexicale donnée à voir dans le discours de Mario Queiroz, VP of Product Management de Google (auteur affiché du billet cité plus haut et paru sur l'Official Google Blog)

The Nexus One belongs in the emerging class of devices which we call "superphones."

Un peu too much pour un terminal mobile dont on murmure qu'il serait dépourvu de fonctionnalités multitouch et de copié/collé? Peut-être. Mais la question n'est à n'en pas douter plus celle-là. Oublions l'arbre et intéressons-nous à la forêt : qu'importe le qu'en-dira-t-on sur les différents dispositifs brandés Google, il faut surtout souligner l'arrivée du géant de la recherche là où il n'était pas forcément attendu. Un pied dans le plat de la téléphonie mobile et des terminaux web, soit. Ce pas est petit est ce n'est que le premier.

Un pronostic? Le prochain pied sera dans le plat des opérateurs traditionnels qui n'ont ni la technologie, ni les investissements pour coloniser des espaces encore vierges de réseaux téléphoniques.

lundi 16 novembre 2009

FastFlip, l'avenir de Google News?

Dans la famille des webservices de feuilletage de news, après le prometteur PressFlip (présenté à la dernière édition de la SearchRace et que je n'avais pas résisté à vous présenter en août 2008) dont FastFlip des Google Labs est l'un des récents émules, on assiste à une fusion de modes de consultation des actualités online.

Nos amis de SearchEngineLand annoncent en effet ce matin un petit tournant stratégique adopté par Google quant à la diffusion des contenus qu'ils agrègent et diffusent sur FastFlip :

It offers a more “branded” and visual way to consume news and magazine content from major publishers.

Avec tout le contenu 'marketing contextuel' (la 'sémantique' telle qu'on l'entend dans l'univers Web, dopée à la stratégie de monétisation) qu'on peut associer aux news, le choix d'une ergonomie en mozaïque anticipe clairement sur des problématiques de consultation sur un terminal mobile. Comme le suppute fort judicieusement Greg Sterling dans ce billet riche d'informations :

Fast Flip might be the “platform” for the micropayments system that Google has been working on with a number of newspaper publishers.

Si Schmidt s'exclamait il y a peu que "Google is not a content company", l'arrivée d'un FastFlip - après la mort prématurée d'un PressFlip qui est arrivé un an trop tôt mais avait tout pour exploser dans le contexte actuel de redéfinition des modes de consommation, de consultation et de distribution de l'information en ligne - la fonction de Google dans l'univers Web de 2010 semble bien s'orienter vers un tapis misé sur l'innovation des modes de consultation des contenus informationnels. Ce que tend d'ailleurs à confirmer ce très documenté billet d' ActuAbondance, à lire sans tarder, tout juste frais de deux jours, qui rappelle que le temps de chargement des pages est sans doute l'un des prochains grands leviers du moteur de référence de la décennie.

mercredi 11 novembre 2009

Siri : le 'Perfect Search Engine' de Marissa?

On avait consacré un billet à l'assistant virtuel Siri, qui a un peu fait parler de lui en mai dernier. Sans plus de bruit que cela, faut-il préciser : Siri avait trouvé un Web un peu sourd à ses potentialités.

Sorti par la porte, il revient par l'une des plus belles fenêtres, sous la forme allégorique d'une définition du Perfect Search Engine by Marissa Mayer herself!

A la question :

What is the perfect search engine? If you had a magic wand and could create it, what would it look like? What would it do?

la blonde Vice President of Search Product and User Experience de Google, dont on suppute deci-delà qu'elle pourrait aller voir ailleurs si le Perfect Search Engine y est, a répondu :

It would be a machine that could answer that question, really. It would be one that could understand speech, questions, phrases, what entities you’re talking about, concepts. It would be able to search all of the world’s information, (find) different ideas and concepts, and bring them back to you in a presentation that was really informative and coherent.

Fort bien, c'est précisément l'objectif de Siri, bien accueilli par la Technology Review du MIT en mars/avril. Cet assistant virtuel, fait de la reconnaissance vocale, implémente sans doute nombre ontologies, mais exploite surtout fort bien les algorithmes d'apprentissage, qui lui confèrent souplesse et autonomie.

Petit Siri ne devrait pas tarder à devenir très grand, comme je le laissais entendre dans le billet de mai qui lui était consacré. Une User Experience à faire, Marissa?

dimanche 4 octobre 2009

"Google's not a content company" : E. Schmidt sur le web, la presse et le journalisme

Une petite pensée aux connaissances web-journalistiques, qui ne doivent pas manquer de prêter l'oreille aux mots de Schmidt...

Danny Sullivan, chez SearchEngineLand, propose une série d'articles suite à son interview d'Eric Schmidt, CEO de Google depuis 2001, au sujet de la stratégie du leader de la recherche en ligne par rapport aux producteurs et éditeurs de contenus.

Le contexte ambiant, qui combine mutations de la presse off et online, apparition de web services dédiés - Fast Flip chez Google, la bonne initiative du Newspaper Consortium chez Yahoo! - , et plus généralement la mise à disposition des ressources culturelles bibliographiques et journalistiques notamment, oriente l'échange des deux protagonistes autour de la question de la fonction de Google dans l'univers Web - puisqu'il n'est plus besoin de disserter sur sa position de leader incontesté, pour l'instant.

Schmidt affirme :

We need these content partners to survive. We need their content. We are not in the content business. So, you could decide that we’re just evil businessmen trying to give money to the newspapers through the Fast Flip revenue shari..., or you could decide that we’re altruistic and trying to save an important Fourth Estate of American political discourse. Whichever one leads to the same outcome. I hope you believe the second. But even if you believe the first, it’s still good business. We need their content.

Google a besoin de contenu, il innove donc en élaborant de nouveaux outils de gestion et de production de contenus à destination du plus grand nombre. Du contenu qu'il peut se réapproprier aussitôt : je pense en particulier à la prochaine indexation de vos Google Docs, qui mérite un peu d'attention tout de même. On n'aura donc pas d'information produite par Google en dehors de la communication traditionnelle autour de ses technologies.

Pour aller plus loin, lisez les positions de Schmidt :

vendredi 18 septembre 2009

Le TAL français relancé par le volet numérique : petit panorama

NKM a fait un certain bruit médiatique avec les mesures relatives au volet numérique du plan de relance, plutôt focalisé autour du Serious Gaming que des Projets Web Innovants. Je m'intéresse ici surtout à ces derniers, qui ont généré une petite émulation dans la bulle TAL française.

Le mois de septembre a marqué un tournant pour quelques dizaines d'entreprises et laboratoires universitaires qui s'étaient, en juin dernier, lancés dans une haletante ruée vers les Projets Web Innovants. Comme promis, près de trois mois plus tard, le Ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi annonce la liste des projets financés.

Concernant les laboratoires plutôt connus pour leur spécialité TAL (et pas uniquement en ingénierie documentaire ou en IHM), on remarque le LIP6, le LINA et différents pôles de l'INRIA (Nancy et Sophia-Antipolis notamment), qui partagent la scène avec des écoles, en particulier Sciences-Po Médialab, et Télécom ParisTech.

Côté entreprises, on note surtout :

  • la belle performance de Syllabs, jeune entreprise qui fleurit à sa troisième année, avec Feed-ID, un projet plutôt orienté référencement que pur TAL, pour une agrégation de compétences qui semble prometteuse, compte tenu des briques technologiques développées par cette société et qui sont pour partie destinées à l'aide aux linguistes; un point intéressant à retenir lorsque l'on sait les proximités des solutions de TAL avec les nouvelles industries de la veille web et du monitoring d'information;
  • l'air du temps que respire Lingway, avec un projet de représentation cartographique et d'analyse sémantique - qui n'est pas sans rappeler d'autres projets dans la même veine, en particulier le projet Doxa, débuté l'an dernier;
  • le très intéressant projet GlipFix, dédié à la co-création de contenus informationnels de qualité, porté par FaberNovel, qui s'est pour l'occasion notamment associé à Exalead - fleuron du moteur de recherche made in France, par ailleurs très bien implanté sur le segment des solutions entreprise;
  • on reste dans le thème de l'édition collaborative, avec le projet Topos, autour duquel on retrouve PERTIMM, entreprise également située sur le segment du traitement de l'information.

Sans savoir s'ils ont tous répondu à cet appel d'offres, j'aurais aimé avoir une trace de Temis, SineQua ou Synapse Développement - pour ne citer qu'eux. Tout cela augure cependant un bel avenir à ces - presque incontournables - noms du TAL hexagonal, et instaure un terrain favorable au développement de cette industrie en France.

samedi 12 septembre 2009

Emulations et Google-killing (by M & Q)

  • Solutions grand public : pourquoi confondre "search" et "computational" engines?

Courant mai, la sortie de Wolfram Alpha avait fait son bruit, de bonne qualité m'est avis, comme on le disait ici. Wolfram incarnait alors l'archétype de l'outil de niche, l'outil "geek-profiled", pas forcément compatible avec la recherche grand public telle qu'on la connaît depuis une bonne décennie. Et à raison, parce que Wolfram n'a pas vocation à indexer l'Internet, mais à fournir des calculs complexes sur une pléiade de domaines de connaissances calculables.

ZDNet.fr publiait, début juin, un intéressant comparatif sur les performances de Bing vs. Google, lequel mettait en exergue avantages et faiblesses de chacun des protagonistes. On retiendra, entre autres, que Google a toujours de l'avance sur la pertinence des réponses, même si Bing apporte quelques fonctionnalités intéressantes (display de la recherche d'images, par exemple). J'ajouterais que la gestion de l'appariement est assez raffinée chez Google, ceci contribuant sans doute à expliquer cela.

Un peu plus tardivement dans le mois, TechCrunch US titrait :

When It Comes To Search Trends, Google Is Lagging Behind Bing

On pouvait lire, un peu plus loin dans l'article :

On Google, you can create charts showing the popularity of keywords using Google Trends. On Bing, this feature is called xRank. For all but the most popular terms, Google Trends shows a lag of about three days, whereas xRank shows data that is up to date as of today.

Et Eric Shonfeld de souligner que This may not be a major feature, but it shows a weakness in Google’s armor : cela auguré par le co-auteur de TechCrunch-Us, ça valait le coup d'être quoté!

Toutes choses égales par ailleurs, Bing est plutôt bien accueilli, malgré des habitudes de recherche généralistes fortement liées à Google : Bing gagnait 8% de VU sur le mois de juin 2009, et Google le reconnaissait fin juillet comme l'alternative à la Google-search.

Septembre. Pour la rentrée, Cuil - dont on a parlé ici il y a plus d'un an maintenant et qui s'est modestement rebaptisé "the world's biggest search engine" - a étendu son indexation aux contenus d'actualité, comme l'annonçait ActuAbondance il y a quelques jours de cela. Yuba, - qui vole pour le moment en dessous des radars du web et dont on ne reparlera pas dans ce billet - refait parler de lui, avec une année de plus également. Ils avaient participé au concours TheSearchRace l'an dernier - remporté par iSeek pour la petite histoire -, et soufflent donc leur première bougie en 2009.

  • Mais qu'en dit Alexa?

Un petit tour sur Alexa devrait permettre de se donner un point de vue sur l'évolution de ces différents acteurs de la recherche en ligne. Voyons donc...

alexa-big_three-google_yahoo_bing_wolfram.PNG

A première vue, rien de trop nouveau sous le soleil : Google est toujours la référence, suivi de relativement près par Yahoo!. Quant à Bing, il a trouvé une place et s'y tient malgré tout.

alexa-wolfram_cuil.PNG

Cuil, stable sur les 6 derniers mois tout du moins, n'a pas pâti de l'arrivée de Wolfram Alpha. A noter tout de même que sur le mois d'août, leurs mouvements respectifs en termes de pagerank sont assez synchrones, ce qui conforte l'idée de non concurrence entre ces nouveaux moteurs.

Décidément, comme on avait commencé à le dire ici, Wolfram Alpha ne devrait pas être inclus dans le paradigme des "search engines", puisqu'il n'en est pas un : son positionnement est explicable par son statut de "computational engine". L'ami Q a d'ailleurs une bonne métaphore sur la question :

Wolfram Alpha est à Google et consorts ce qu'une équipe de rugby est à une équipe de football : des gens qui ne jouent pas du tout le même jeu et n'ont rien à faire sur le même terrain.

A noter qu'environ un an après l'acquisition de Powerset par Microsoft, la firme de Steve Ballmer initie un rapprochement entre Bing et Wolfram Alpha. Bing entrerait donc dans l'innovation par la porte du "natural language + computational search inside". Et Q de rajouter :

Mais qu'est-ce qu'une équipe de foot va bien pouvoir faire avec des rugbymen? L'avenir nous le dira, mais on peut d'ores et déjà prévoir des confrontations musclées...

Le point de vue de Q d'après les statistiques Alexa :

parts_google-yahoo-bing.PNG

La diversification des activités de Google et Yahoo! fait que ces statistiques ne peuvent être prises pour argent comptant. En effet, sur la totalité des visiteurs de Yahoo! et Google, une partie non négligeable ne visite pas le moteur de recherche en propre, mais bien le webmail. Or, les statistiques de Bing ne reflètent qu'une pure utilisation de recherche, la fréquentation du webmail de Microsoft -mail.live.com- étant bien séparée de la fréquentation de Bing -bing.com-.

On aurait donc Google qui sur 35% d'internautes en attire 65% (21,78% une fois les comptes effectués) sur la recherche, là où Yahoo, sur ses 26% du total des internautes, n'en voit qu'un petit 10,5% visiter son moteur de recherche (soit 2,72%). Et Bing devancerait donc Yahoo en affichant 3,3% des internautes, tous en recherche.

Si les stats d'Alexa sont un tant soit peu fiables, et si mon raisonnement n'est pas faussé par le jéroboam de palinka qu'on vient de descendre, Bing pourrait être déjà le numéro 2 de la recherche en ligne.


  • Et après...

... une tendance qui devrait s'intensifier. Le récent rapprochement de Yahoo! et Microsoft - fruit d'une négociation longue et riche en rebondissements - a suscité des interrogations chez certains, des réactions sur les perspectives de développement de cette union chez d'autres. L'avis de Fanck Watson chez SearcEnhineWatch.com :

What impact will it really have? OK, Microsoft's market share will be the combined number of the two companies. Add this to the slight rise Bing has received through the new branding and advertising, and Microsoft may be able to start grabbing a little more of the market from Google.

La très sérieuse étude comScore de juillet dernier, fait le tour de la question :

The analysis reveals that while the two companies’ combined search share still lags Google by a wide margin, their combined search audience offers opportunity to become more competitive in the search marketplace.

Si Bing et Yahoo! parviennent à mieux fidéliser leur audience - point fort à la faveur de Google -, ce dernier pourrait céder une plus grosse part de cake à la concurrence.

Merci à Q pour ses croustillants et pertinents insights sur la question!

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