Yahoo! a décidé d'humaniser ses résultats de
recherche
.
Il y a près d'un mois maintenant, Neteco.com revenait sur l'achèvement d'une course au brevet qui s'est
presque éternisée - sept années tout de même - et qui, abrégée, aurait sans
doute pas mal redessiné le rapport de force actuel dans le sillon des moteurs
de recherche généralistes.
S'il avait été obtenu en 2002 ce brevet aurait permis à Yahoo! de protéger
la technologie de son répertoire de sites Internet.
précise d'ailleurs la rédaction de Neteco.com. Mais après tout, qu'a-t-il de si spécial, ce brevet?
Humaniser? Non, rien à voir avec le fait de rendre
plus humain le moteur de recherche, de policer un affichage
frustre pour la restitution des résultats, ni de le civiliser pour lui
faire perdre son caractère primitif. Quoique...
Ce petit abus de langage - imprécision, quand tu nous tiens - se comprend
mieux avec un dessin. En l'occurrence, dire que Yahoo! humanise ses résultats de recherche signifie tout simplement
qu'il y a de l'intervention humaine dedans.
(Cette figure est reprise de l'article cité
ci-dessus chez Neteco.com, dont la provenance originale n'est d'ailleurs pas
mentionnée.)
Le brevet en question repose en effet sur un procédé impliquant la présence
d'humains pour raffiner les résultats d'algorithmes de
recherche. Et Yahoo! de préciser :
« le classement par les intervenants humains permet d'obtenir des
résultats plus affinés que par des processus automatiques »
Nous y voilà. Sans insister sur les potentiels bénéfices en termes de
qualité qu'en pourrait retirer Microsoft pour son moteur Bing, je veux simplement souligner une tendance convergente entre des
acteurs différents qui traitent des facettes variées mais fort semblables de
notre manne contemporaine : l'information.
Et mettre le tout en perspective avec les bâts qui blessent de plus en plus
sur le segment des social media monitoring technologies, qu'Asi
Sharabi passait d'ailleurs au crible en août dernier sur le très bon No Man's Blog. Pour coller à la
culture verbatim et vous laisser lire son excellent billet par vous-mêmes, je
n'en citerai que cinq mots qui dressent le portrait d'une situation avec
laquelle la linguiste que je suis ne peut qu'être d'accord : The
technology is fairly stupid.
Bien entendu, si on s'en tient à cela, rien ne
sert d'écrire. Quelle tendance convergente voit-on émerger alors avec d'autres
acteurs du traitement et de l'analyse d'information? La réhabilitation
de l'utilisateur expert, pardi!
Dans le petit monde des études médias et de l'analyse d'opinion online,
c'est pourtant encore peu habituel, les utilisateurs experts. Connaître le
fonctionnement d'un moteur de recherche ou comprendre qu'analyser finement
l'information demande une compétence avancée en solutions d'analyse
linguistique? La belle affaire! Dans l'encore plus petit monde des éditeurs de
logiciels TAL, on transite globalement vers les solutions d'aide aux
linguistes. On en trouve même des échos dans le microcosme des
spécialistes de l'analyse textuelle, sous la forme d'une linguistique des
textes instrumentée.
La qualité d'analyse est à l'information ce que le
savoir-faire helvète est à la haute horlogerie. C'est assez naturellement que
ces différents acteurs de l'analyse d'information convergeront peu ou prou vers
une réflexion méthodologique sur ce qu'il conviendrait plutôt d'appeler
l'analyse linguistique assistée par ordinateur (ALAO). Et
certains y travaillent d'ailleurs déjà 
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